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  • La file du loup... en ombres blanches

    Il est assez rare que des libraires se fendent d'une critique concernant mes bouquins jeunesse (pas la moindre mention par exemple depuis des années sur le site Citrouille, celui des libraires spécialisés jeunesse). Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi puisque, par ailleurs, pas mal de ces mêmes libraires m'invitent souvent à participer à des manifestations littéraires dont ils sont les organisateurs. Alors, pour une fois que cela arrive, signalons donc que la Fille du loup, mon court texte paru chez Thierry Magnier, a l'honneur d'être chroniqué par la Librairie Ombres Blanches sise à Toulouse. Et c'est à lire ici.

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  • Atelier kolams à L'Ivre Jeunesse

    Françoise Malaval a animé un atelier kolam lors de la belle fête L'Ivre Jeunesse à Châtillon Saint-Jean dans la Drôme. Un « kolam » est un dessin tracé sur le sol devant les maisons en Inde du Sud. C’est un signe de bienvenue. Il est exécuté tous les matins après avoir balayé et lavé le seuil.

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    Après avoir réalisé un kolam devant l'entrée du salon du livre, Françoise à présenté aux jeunes participants quelques exemples, des motifs de dessins et la façon de les exécuter avec des poudres colorées et à main levée.

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    Chacun s'est ensuite choisi un modèle traditionnel de l'Inde du Sud.

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    Puis les "petites mains" se sont mise au travail avec un sérieux sans faille et une incroyable dextérité!

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    En voyant se dérouler de façon aussi enthousiasmante cet atelier kolam mené par Françoise, je me suis dit que les enfants sont toujours prêts pour l'aventure du partage même avec des traditions aussi lointaines pour eux que celles qu'on peut voir s'étaler au seuil des demeures dans les rues du Tamil Nadu ou d'autres états du Sud et du centre de l'Inde. Pour peu qu'il  mette en oeuvre l'éveil du sens esthétique, une pratique artistique, le plaisir de faire et de montrer... l'art fait voler en éclat les barrières qui nous séparent et la culture n'est plus ce qui nous distingue mais bien ce qui nous réunit où que l'on soit né, quel que soit le pays où l'on grandit. Les enfants le comprennent intuitivement. Trop d'adultes s'efforcent d'oublier cette intuition-là... ceux qui précisément ont plus que d'autres trahi les élans libres et généreux de l'enfance.

  • L'Ivre Jeunesse

    Un samedi de soleil, de partage, d'amitié et de lectures... L'Ivre Jeunesse à Châtillon Saint-Jean, une manifestation autour du livre comme Françoise et moi les aimons: faite (fête) avant tout pour l'enfant! Et une équipe super CHALEUREUSE... C'est enfin le PRINTEMPS... le vrai, celui de l'intelligence et du plaisir des livres (pas celui des haineux qui s'habillent en rose pour tromper le monde!)

     

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     Une salle entièrement pavoisée avec les travaux plastiques de jeunes élèves.

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    Pierre-Yves Tarravello, cheville ouvrière de cette fête livresque, veillant à ce que tout baigne!

     

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    L'ami Jean-Yves Loude et Françoise faisant face aux lectrices enthousiastes de leur Camion Frontière

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    Nos stands décorés par les élèves à partir des livres de Françoise, des miens, de ceux que nous avons aussi eu le bonheur de faire en commun.

    Saurez-vous deviner desquels il s'agit?

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    Indice, détail ... il y avait un mur qui séparait les uns des autres

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    Indice, détail : la longue marche d'un prince, de sa belle et de son courageux frère

  • Les traces qu'on laisse même quand le voyage est immobile

    A lire dans le magazine Doubs en ligne

    Voyages immobiles De l’Isle-sur-le-Doubs à l’île de l’O de l’A

    Au fil des mois, les collégiens ont élaboré ensemble une intrigue, puis l’ont enrichie par petits groupes de façon à composer un récit polyphonique agrémenté de collages plein d’imagination. Les planches de leur ouvrage conçu avec le concours des éditions Æncrages, de Baume-les-Dames, seront révélées au cours d’une exposition au collège en fin d’année scolaire.
    De cette expérience d’atelier d’écriture, ils reviennent tout étonnés : « Ce n’est pas facile d’écrire une histoire, c’est un vrai travail ! » Chemin faisant, ils ont acquis des connaissances de façon créative.
    Voyages immobiles est un thème de travail proposé par la Médiathèque départementale à son réseau de bibliothèques ainsi qu’aux établissements scolaires. Françoise Malaval et Patrice Favaro ont été accueillis en résidence de création, avec le soutien financier de la commune de l’Isle-sur-le-Doubs et du Conseil général. C’est à Bournois qu’ils ont écrit leur Voyage au delà du par-delà. À découvrir à l’automne aux éditions Æncrages.

     

    à lire et voir en entier ici, avec la vidéo sur le travail mené avec les élèves du collége Paul Elie Dubois de l'Isle sur le Doubs.

  • ReLire ça tire dans tous les coins

    Pour ceux qui n'auraient pas suivi le feuilleton faisant de la BNF l'outil institutionnel du pillage des oeuvres prétenduement indisponibles parues avant 2001, ci-dessous des liens vers des articles, des prises de positions et réactions qui éclairent grandement sur le sujet.

    Relire, c'est le même projet que Google Books avec un peu d'enfumage pour brouiller les esprits. Voulu par Frédéric Mitterand via Bruno Racine, directeur de la BNF (nommé par Sarkozy et reconduit par la gauche!), ce dispositif permet de numériser des ouvrages et de les vendre sans l'accord de l'auteur, sans même lui demander son avis. Pour faire passer la pilule on met en avant un faux bénéfice pour les lecteurs (la disponibilité des oeuvres), la perspective de rémunérations pour les auteurs ( des cachouètes? personne n'en sait encore rien, opacité totale sur les questions de fric)... Seuls les gros éditeurs vont tirer les marrons du feu puisqu'ils toucheront la moitié des ventes sur des titres qu'ils ont cessé de commercialiser parfois depuis des lustres et sur lesquels ils n'ont donc par conséquence plus aucun droit! En fait il semble surtout que ce soient les grosses maisons d'édition (Gallimard en tête) qui ont appuyé le dit dispostif dans le crainte de voir Google les doubler. Donc à pirate... pirate et demi, sous la houlette du Ministère de la Culture... ce doit être ça l'exception culturelle française.

    Victimes collatérales:

    Les auteurs, qui voient leur droit inaléniable à disposer de leur création battu en brèche, on se doute que la fissure va très vite s'élargir grâce à l'entourloupe numérique.

    Les libraires, qui vont voir arriver sur le marché des livres numériques près de 60 000 titres (on ne sait pas par qui ils seront vendus via la BNF ni à quel prix). Le projet vise la numérisation de 500 000  titres... dites au revoir à votre libraire de quartier... quant à votre bouquiniste préféré... qu'il repose en paix!

    Les petits éditeurs, comme les libraires, qui vont être submergés par une offre pléthorique de titres qui rendra d'autant moins visibles les leurs.

    Les lecteurs, qui vont devoir payer ce qui par ailleurs aurait pu leur être proposé souvent de façon gratuite ou peu chère par les auteurs eux-mêmes, désireux qu'ils sont de voir leurs titres épuisés dans le commerce toujours accessibles à la lecture.

    Pour avoir une idée de l'ensemble du problème, sur ActuaLitté

    ReLIRE : ce processus ne peut maintenant conduire qu'à une catastrophe


    Article dans Le Monde

    Main basse sur les livres du XXe siècle

     

    Les réactions ulcérées de François Bon:

    indisponibles : les éditeurs entrent dans la danse

     

    Un dispositif qui touche aussi les auteurs étrangers traduits et leurs traducteurs:

    ReLIRE : piller les auteurs et éditeurs de France ne suffisait pas


    Un dispositif analogue aux Etats-Unis

    Le droit d'auteur malmené, la démocratie menacée... ou presque


    Même les lecteurs pétitionnent contre ReLire!

    ReLIRE : l'opt-out des lecteurs


    Le plus affligeant est sans doute de voir la faible mobilisation des auteurs pour défendre leurs droits. Il est vrai que certains organismes professionnels comme la SGDL (Société des Gens de Lettres) se sont empressés d'applaudir des deux mains (par naïveté ou peut-être sous couvert d'intérêts particuliers, comme de voir tomber dans leur giron la gestion du dispositif de redistribution des auteurs). Faible mobilisation donc mais pas inexistante, loin s'en faut d'ailleurs. On peut retrouver le collectif d'auteurs qui se sont mobilisés, sous la houlette de Yal Ayerdhal, pour lutter contre ce dispositif et cela même dès le vote de la loi, sur leur page Facebook Le droit du serf (c'est ici).

  • Lettre à la ministre suite

    Voici donc la version finale (merci à mes relecteurs attentifs!) de ma lettre de protestation concernant le dispositif spoliateur ReLIRE. Elle part demain à la première heure à destination de l'occupante actuelle du 3 de la rue de Valois.... oui, cet endroit où une certaine "Culture" prend ses aises sous les ors de la République.. ce qui fait que pas mal de ceux qui l'occupent se mettent à avoir la mémoire courte!


    Patrice Favaro

     

    À Madame Aurélie Filippetti

     

     

    POÈTES, VOS PAPIERS !

    Madame,

    Contrairement à ce que j’avais pu espérer avec le changement de gouvernement et de majorité, je constate que vos services ont mis en œuvre l’application d’une loi voulue par votre prédécesseur au ministère de la Culture, loi votée par le Parlement à la toute fin du quinquennat de N. Sarkozy le 1er mars 2012 (loi n°2012-287).

    Je m’élève ici contre ce que prétendent vos services, ceux de la BNF ainsi que ceux de la SGDL, à son propos. Non, cette loi ne fait pas qu’introduire « un aménagement de l'exercice du droit d'auteur ». Le dispositif de mise en application de cette loi, ReLIRE, (une graphie singeant les multinationales du Net qui en dit déjà long), ne propose rien d’autre que de dépouiller de manière institutionnelle les auteurs (ou leurs héritiers) du plus élémentaire de leurs droits : disposer comme ils l’entendent des œuvres qui ont cessé d’être commercialisées par un éditeur.

    Il n’est ici nullement question de prendre parti pour ou contre la numérisation des œuvres appelées de façon indue « indisponibles » en lieu et place du terme « livre épuisé » (si elles ne se trouvent plus en vente chez les libraires, elles ne demeurent pas moins toujours disponibles en bibliothèque, ou dans les librairies d’ouvrages anciens.) Il s'agit de vous faire part de mon indignation quant à la façon dont la BNF s'apprête à le faire. Le plus élémentaire respect des lois de la propriété intellectuelle voudrait que la BNF ne puisse numériser un ouvrage pour le remettre dans le circuit marchand qu’avec l’accord explicite de l’auteur. Or, avec ReLIRE, le dispositif confié à la BNF sous l’égide de son directeur nommé sous le précédent quinquennat et dont vous venez de reconduire les fonctions, ce ne sera pourtant pas le cas. La numérisation d’une œuvre non commercialisée se fera de manière non contractuelle et selon des conditions sur lesquelles l’auteur n’aura nullement son mot à dire, pire : on ne l’en préviendra même pas à titre personnel. Là aussi, on bafoue les règles internationales en usage (convention de Berne), plus encore l’esprit de justice, ne parlons pas de simple morale.

    Avec ReLIRE, l’auteur se voit imposer une numérisation forcée de ses titres publiées avant 2001 s’ils ne sont plus au catalogue d’un éditeur, il se voit imposer un organisme de gestion (la Sofia) qui négociera à sa place (et selon des modalités dont il ignore tout) le montant de ses droits à percevoir. Il ignore qui commercialisera son ou ses ouvrages numérisés par la BNF, dans quelle mesure son texte sera respecté et avec quelle qualité et sous quel format il sera présenté aux lecteurs. Il ignore également quelle sera la part que prélèvera pour ses frais l’organisme de gestion et combien cela grèvera le montant de ses rémunérations. Ce qu’il sait, par contre, c’est que l’éditeur de tel ou tel épuisé, et désormais dit indisponible, se verra crédité de la moitié des sommes obtenues alors que cet éditeur aura cessé de commercialiser l’édition papier et, compte tenu de la date de parution, qu’il n’en possède nullement les droits numériques. Joli cadeau fait aux éditeurs qui sacrifient au livre jetable et n’ont pas comme d’autres, bien plus respectables, une politique de d’ouvrages maintenu sur catalogue durant plusieurs années, voire des décennies. Ces derniers se verront d’ailleurs submergés par des ouvrages proposé par un organisme public ce qui concurrencera d’autant leurs parutions, qu’elles soient numérisés ou pas. Nul doute que les petits éditeurs ne s’en remettront guère.

    J’imagine que vous souhaiterez m’opposer que ce dispositif a reçu l’assentiment des auteurs de la Société des Gens de Lettres, mais à mon tour de vous objecter que, d’une part, la SGDL ne représente que ses adhérents et non l’ensemble des auteurs (loin s’en faut) et que, de l’autre, on se demande quelle objectivité elle a compte tenu de ses liens privilégiés avec la Sofia.

    Sans doute me répondrez-vous que rien ne m’oblige à accepter les dispositions mises en œuvre par ReLIRE puisque je peux sortir de ce dispositif et « refuser » que mes ouvrages soient numérisés par la BNF (via un prestataire privé? personne n’en dit rien) et commercialisés (par qui d’ailleurs ? la Sofia collectera les droits mais qui vendra les fichiers numériques, à quel prix, et comment cette commercialisation se fera, en privilégiant les « auteurs à succès » au détriment des autres ?) Je suis libre d’en sortir en manifestant mon refus donc, mais c’est bien là que se situe le trait le plus infâmant de ce dispositif. Premièrement, est-il normal qu’il incombe à l’auteur de vérifier sur le site ReLIRE (dans une liste non mise à jour, truffée d’erreurs et d’approximations, et achetée d’ailleurs à prix d’or) que la BNF se propose de numériser un ou plusieurs de ses ouvrages ? Tant pis pour ceux qui ne sont pas habitués à ce genre de consultation, les plus âgés ou démunis des auteurs en l’occurrence.

    Mais nous n’avons pas encore touché le fond, voilà qu'il vient : d’après le dispositif mis en place, il va me falloir montrer mes papier à la BNF pour manifester mon refus ! Je dois prouver que je suis l’auteur de mes textes (le formulaire est même assorti de menaces envers tout éventuel contrevenant) et on me somme d’envoyer une photocopie de ma carte d’identité. Que je sache, les services de la BNF n’ont eu aucune peine à s’approprier ces mêmes textes sans avoir, eux, à fournir le moindre justificatif ! Quant aux ayants-droits, ils devront passer devant un notaire pour s’opposer à la numérisation forcée par la BNF des ouvrages dont ils sont les dépositaires. Un beau cadeau encore à nos enfants.

    POÈTES VOS PAPIERS ! chantait Léo Ferré. Voilà donc à quelle extrémité ubuesque nous sommes rendus grâce au dispositif ReLIRE. Il m’est proprement insupportable qu’un organisme comme la BNF, chargé de la conservation de notre patrimoine littéraire, fasse montre d’un pareil mépris à l’égard des auteurs, ces mêmes auteurs sans qui elle n’aurait aucune raison d’exister. Voir un gouvernement de gauche pour lequel on s’est battu valider pareil mépris est plus affligeant encore.

    J’ose espérer, Madame la ministre, que vous voudrez bien reconsidérer cette question de la numérisation à marche forcée après les légitimes motifs d’indignation que je vous exposés ici, tout comme le font de très nombreux camarades auteurs manifestant publiquement un identique ressentiment. J’espère que vous voudrez faire en sorte qu’une réelle concertation publique soit enfin ouverte avec l’ensemble des auteurs et de leurs représentants, et cela en toute indépendance et hors tout conflit d’intérêt.

    Je vous fais grâce, Madame la ministre, au cas où vous décideriez de me répondre de vous réclamer vos papiers afin que je puisse n’avoir aucun doute quant à votre identité. C'est un procédé qui me semble suffisamment grossier et méprisant pour me refuser à vous l'appliquer.

    Dans l'attente d'une réaction de votre part, recevez chère Madame la ministre, l’expression de ma très haute considération.

     

    Patrice Favaro

    9 avril 2013

  • Fin de résidence... mais affaire à suivre!

     Vendredi 5 avril se terminait notre résidence à L'Isle sur le Doubs. Françoise Malaval et moi-même y avons passé un peu moins de trois mois en deux temps. C'est déjà un petit bout de vie. Des moments privilégiés pour conclure notre séjour: le temps de l'échange, des regards croisés sur le travail accompli avec les uns et les autres, et les mots amis.

     

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    Dernière mise au point avec l'ami Yves Bourdais, de la Médiathèque départementale du Doubs et cheville ouvrière de notre résidence, sans qui rien n'aurait pu se faire... du début jusqu'à la fin. Un très grand merci, Yves, surtout pour tous nos échanges autour des voyages immobiles, de certaines îles, et de la poésie qu'il y a à les dire...

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    Dans l'assistance présente à la bibliothèque, beaucoup étaient à la fois public et acteurs.

     

    Odile Blanchard présente le livre accordéon géant réalisé avec sa classe de CP.

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    Où l'on passe du premier rang à la scène! Superbe lecture du récit d'aventure maritime écrit, illustré (et bientôt joué), par la classe de CM2 de l'école Bourlier.

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    Sous l'oeil attentif et bienveillant du maître et metteur en scène, Samuel Dufour.

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    Lecture et présentation du Carnet de bord du Splendide réalisé par la classe de 5ème du collège Paul Elie Dubois sous la direction de leur professeur de lettres, Sandrine Jacquel-Blanc.

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    Le temps enfin venu de saluer l'événement comme il se doit... Libations en honneur aux mots et aux images qui partent et nous portent en voyage. (Françoise au premier plan)

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    Evelyne Guizoni-Gainet, bibliothècaire à L'Isle sur le Doubs et Isabelle Moureaux, conservatrice de la Médiathèque départementale. Sourires et joyeuse ambiance...  parce qu'on sait qu'on se reverra bientôt. Rendez-vous est pris en septembre pour la parution du texte et des planches gravées par Françoise durant cette résidence chez un éditeur-artiste-artisan du Doubs. Promis, on en reparle le temps venu. Affaire, et belle affaire, à suivre!

  • Avertissement aux auteurs anglophones.

    Warning to any and all writers who’ve had a story published in France.

     

    The Bibliothèque Nationale de France (BNF) has launched a doubtful venture reminiscent of the one Google tried to launch a few years ago. They’ve decided that if a book published in the 20th century is out of print, they have a right to publish it as an ebook and reap the profits (a pittance is due to the original publisher, and, oh, yeah, to the author, too). Despite the protests of French writers, the thing has been launched this week, with the creation of a website featuring a database of approx. 60,000 books liable to get the pirate ebook treatment (State approved, that is) unless the author or legal representative files a formal complaint.
    Yeah, you say, but this is only for French writers, right?
    Wrong.
    They’ve done such a botched job listing the books they feel they can steal that they’ve included anthologies edited by French editors but featuring British and American writers.

     

  • Le principe de la relativité

    Nouvelle gravure de Françoise pour notre projet Voyage au-delà du par-delà, une revisitation du Voyage de Mandeville. Et en exclusivité super mondiale et intergalactique... pour quelques jours seulement sur ce blog, le texte qui va avec. Bon voyage!

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    Des cannibales. Quelle frontière invisible, quelle ligne de partage des eaux ai-je franchi lorsque je parvins en ces funestes territoires où les habitants mangent plus volontiers chair d’homme que nulle autre et où ils jurent que c’est la plus douce du monde ? Dans l’île qui a nom Dondia, s’il est dit qu’un malade doit mourir, alors quelque proche parent lui met un gros morceau de pain sur la bouche et l’y tient jusqu’à étouffer le souffrant. On découpe ensuite le corps du défunt en pièces et ses amis sont priés de venir le manger. S’ils trouvent que sa chair est encore grasse, il en est fait grande fête car tous prétendent qu’il est bon de l’avoir si tôt fait passer de vie à trépas sans qu’il ait eu à dépérir et à trop souffrir. Mais si sa chair est maigre, tous se lamentent car ils trouvent fort mauvais de l’avoir laissé languir longtemps sans raison et il leur en faudra faire pénitence. Dans le royaume qui s’appelle Byboth, il est une coutume respectée dans tout le pays : quand un père meurt, son fils lui montre de grands honneurs. Il se doit tout d’abord de faire venir amis, parents, prêtres et ménestriers, le tout en très grand nombre. Puis il ordonne qu’on conduise joyeusement le corps de son père sur une montagne. Quand on l’a porté là, un des prêtres tranche la tête du défunt et la donne au fils, tandis que les autres officiants découpent le corps en pièces et le donnent aux aigles et vautours qui, connaissant cette coutume, sont venus exprès de toutes parts. Ensuite, le fils revient avec ses parents et ses amis dans sa maison où la tête de son père est mise à cuire. Chacun en obtient un bout à manger et le fils se sert du crâne de son père en guise de hanap et il boit en mémoire de celui à qui cette tête appartenait. En ces pays, aimer un proche décédé est un mot qu’il faut entendre d’une manière singulière, on y aime ses défunts parents à pleines dents. Combien sans doute ces gens-là goûteraient-ils peu la façon d'aimer et d'honorer que nous montrons à l’endroit des nôtres en les laissant pourrir en terre.

     

    tous droits réservés P.Favaro et F.Malaval.