20/05/2013
Traductions... à fond perdu

Mon bouquin Birbal, traduit en espagnol et publié aux éditions mexicaine Telecote continue sa petite route en Amérique du Sud, où il a obtenu des prix et mentions.
Il est vrai que tout ça me laisse un peu de glace vu qu'en dix ans, je n'ai jamais vu l'ombre d'une pésata de droits d'auteur là-dessus ! Les droits étrangers... à quelques exceptions près, les auteurs n'en voient que rarement la couleur. Mais c'est vrai, il y a de belles exceptions, j'y reviens plus loin.
Pour ceux que cela intéresse, faisons un peu de pédagogie. Leçon de précarité N°1 pour auteurs: les traductions. Lorsqu'un texte est publié par un éditeur français, l'auteur lui cède en fait le droit d'exploiter son texte (exploiter... non, ne souriez pas!): publication papier, numérique, audiovisuel, et traduction (entre autres). Quand l'éditeur français cède ce même titre à un éditeur étranger pour traduction et publication, il partage la vente de cette cession moitié moitié avec l'auteur du dit titre (il y a de petites astuces éditoriales concernant les albums qui font que ce n'est pas toujours le cas... au détriment de l'auteur et de l'illustrateur, évidemment, j'en parlerai un jour). Il peut donc y avoir dans ce cas un à-valoir (avance) ou pas, et ensuite un certain pourcentage sur les ouvrages traduits qui seront vendus. Et c'est là que le bât blesse... parce que loin des yeux... loin du porte-monnaie ! Je n'ai jamais reçu le moindre droit sur mes traductions en arabe, catalan, espagnol d'un album comme Princesse Laque. Quant à mes lettres de protestation, elles doivent flotter dans une bouteille au beau milieu de la mer des Sargasses...

Mais j'ai dit qu'il y a des exceptions: la Corée du Sud en est une et fort belle. Princesse Laque et Un beau jour pour être riche sont traduits en coréen... et mes droits d'auteur sont parfaitement honorés, et je dois même dire que ces deux titres doivent marcher très fort si j'en juge la bonne surprise de mes deux derniers relevés ! Je ne sais comment dire bravo et merci en coréen... si quelqu'un le sait: qu'il me l'apprenne!


Comment les éditeurs font-ils pour vendre (ou acheter) leurs titres à l'étranger? Il y a des salons specialisés pour ça comme celui de Bologne (en Jeunesse) ou encore Francfort. Il y a les contacts personnels entre éditeurs, traducteurs ou auteurs, bien entendu mais il existe aussi des agents specialisés dans ce domaine. Ils proposent souvent des catalogues de titres d'un éditeur particulier. Par exemple, voici l'argumentaire en espagnol concernant mon roman Mahout.
Bon, c'est vrai, ça ne marche pas à tous les coups... pour lire Mahout, il faut le faire en français... pas le choix, un point c'est tout!
18/05/2013
Dissident... aujourd'hui?
A lire sur Le Monde, un débat fait de plusieurs articles s'articulant autour du thème :
Comment être dissident aujourd'hui ? (à lire ici)
L'article de Yiu Liao en particulier est intéressant (extrait)
J'utilise ma plume et la magie de la littérature pour que les souffrances de la Chine ne soient pas passées sous silence, pour que cette prodigieuse injustice qui est commise à notre égard, à nous Chinois, soit un tout petit peu connue : pourquoi faut-il plaindre les victimes du nazisme, du stalinisme ou du fascisme et continuer à chanter les louanges du développement économique de la Chine ? Notre peau serait-elle moins tendre que la vôtre ?
Tout comme celui de Salman Rushdie
Il nous paraît plus facile, en ces temps troublés, d'admirer la bravoure physique plutôt que le courage moral. Qu'un homme coiffé d'un chapeau de cow-boy enjambe une barrière pour venir en aide aux victimes des attentats de Boston tandis que d'autres prennent la fuite, et nous saluons son courage. Il nous est plus difficile de considérer les responsables politiques, hormis Nelson Mandela et Aung San Suu Kyi, comme des gens courageux. Peut-être en avons-nous trop vu, et sommes-nous poussés au cynisme par les inévitables compromis du pouvoir.
Quand à celui de Philip Roth... une fois de plus anecdotique et auto-centré.
21:48 Publié dans revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
On s'énerve en anglais contre ReLire
Le dispositif de numérisation forcé des ouvrages prétendument indisponibles continue à faires des vagues, notamment chez les auteurs anglais et américians qui vont voir leurs traductions françaises tombés dans des poches qui ne leur conviennent pas et sans qu'on leur ait demandé le moindre avis!
Outrageous French Copyright Grab:
ReLIRE Goes Live (à lire ici)
L'association des auteurs américains de SF et Fantasy prévient ses membres:
"La base de données des livres qui vont être numérisés contient clairement des titres qu'on ne peut considérer comme "orphelins" et qui ne sont pas dans le domaine public (donc libres de droits) incluant un grand nombre d'auteurs éminents de SF et de Fantasy. /.../Nous invitons tous les auteurs qui ont des contacts avec les représentants du Commerce extérieur des États-Unis ou des contacts avec des membres relevant de cette branche au sein du Gouvernement américain de se mettre en relation avec nous"
Bon, vont pas s'ennuyer les charlots qui ont bricolé à la va-vite le dispositif ReLire au seul bénéfice du Syndicat national des gros (c'est moi qui précise!) éditeurs. Les avocats d'outre-atlantique se frottent déjà les mains!
20:04 Publié dans Défense des droits d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Définitions
Des pensées qui viennent, remontent spontanément à la surface. Nostalgie de l'Inde et de l'Asie. Les voyages que j'y ai faits m'ont confronté inévitablement à l'observation quotidienne de cette opposition:
Spiritualité
Quelqu'un qui aspire à la vérité et entreprend seul le chemin escarpé et périllieux de la connaissance.
Religion
Des esprits paresseux qui se réunissent en nombre pour croire à des balivernes sous prétexte qu'elles les rassurent.
Dès lors qu'on pose ces deux définitions, on comprend aisément les bienfaits de la première et les méfaits de la seconde.

dans les rues de Nainarmandapam (Droits Réservés photo P.Favaro )
cimetière chrétien de Pondichéry (Droits Réservés photo P.Favaro )
06:04 Publié dans Carnet de voyage, Inde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15/05/2013
Alpages... qui s'éveillent.
Samedi, au-dessus de chez moi, les chalets d'alpage qui sont la prolongation "altitudineuse" de mon village demeurent encore pris dans la neige pour quelques jours (non, non, je ne vous dirai pas où cela se trouve). La vie s'éveille, l'eau dévale et bavarde, les marmottes marmonnent, les mouflons moutonnent sur les pentes... le ciel pur, l'air vif et pétillant. On se prend à rêver de la paix sur le monde... un monde qui serait neuf, sans la souillure de nos cupidités humaines.
le chemin est encore de glace vive pour y monter...

elle veille et pour peu qu'on s'attarde nous siffle...

herbe tendre et près des mères, les jeunes de l'année...

20:36 Publié dans la vie des bêtes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14/05/2013
Un classique?
Dans un quiz sur l'Italie lancé pour une manifestation littéraire... je trouve ceci dans le questionnaire:
Mon nom parmi ceux de Erri de Luca, Umberto Eco ou Moebius et sur la même ligne qu'un géant: Carlo Collodi lui-même! Il doit y avoir erreur... ou alors ce quizz est dû à un de mes fans assidus, si jamais j'en ai un seul... Ou bien Le secret du maître luthier est devenu un classique dans mon dos et je ne m'en suis même pas aperçu !
17:06 Publié dans Mes bouquins: parutions, sélections, revue de pres | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Un peu d'Inde... au menu
Prameela S., la soeur de mon ami Prashant, a partagé cette vidéo sur ce qui est une véritable institution indienne... le portage des repas.. et le sens du partage! A découvrir.
09:14 Publié dans Inde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Le mois prochain à Digne (04)
La Ligue de l’Enseignement des Alpes de Haute Provence organise à Digne-les-Bains ses 17 éme Rencontres autour de la Littérature Jeunesse et un Salon du livre jeunesse. Cette année encore de nombreuses écoles des Alpes de Haute Provence auront le plaisir de rencontrer des professionnels du livre. Françoise et moi sommes parmi les invités et, amis lecteurs, nous espérons vous y rencontrer très nombreux.
08:55 Publié dans RENDEZ-VOUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12/05/2013
Des affiches, des infos
17:06 Publié dans Livre, Musique, RENDEZ-VOUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11/05/2013
Les enfants de Xénomane... en invitent d'autres
Tous ceux qui se sont intéressés à mon essai "La littérature de voyage pour la Jeunesse ou les enfants de Xénomane" pourront consulter avec intérêt le mémoire de Master 1, Littérature jeunesse, Université du Maine, de Sandrine Mésrazos
Je suis heureux que mon travail ait pu susciter cette étude de maîtrise et l'insipirer pour l'essentiel si j'en crois ce qu'écrit Sandrine Mésrazos
Les ouvrages de références nous ont fait défaut. Ils sont trop peu à aborder, exclusivement, le motif voyageur dans les écrits pour la jeunesse. L’essentiel de nos constats furent donc aiguillés par l’ouvrage de Patrice Favaro, La littérature de voyage pour la jeunesse : les enfants de Xénomane2.
J'y ai trouvé pour ma part beaucoup d'intérêt et notamment une critique que je fais mienne sur la littérature de voyage destinée à la jeunesse mais que l'on peut étendre plus généralement à une grande partie du corpus romanesque destiné aux lecteurs adolescents. Il s'agit de caractéristiques souvent fortement prégnantes qui font que pour moi ces ouvrages relèvent le plus souvent d'une "littérature appliquée" (dans le sens que l'on donne aux arts appliqués) plutôt que d'une complète, réelle et libre création littéraire. N'en déplaise à ceux qui voudraient nous faire prendre toute vessie pour une lumineuse lanterne et tout livre jeunesse pour autre chose qu'un simple produit le plus souvent formaté à l'attente du public. Des auteurs, des romans échappent à cette startégie commerciale, certes, mais ils ne sont pas aussi nombreux qu'on pourrait le croire. Et moins présents aujourd'hui sur les rayonnages des libraires et des bibliothèques qu'ils ne le furent hier.
Certes les auteurs s’évertuent à nous emmener Ailleurs, à travers l’imaginaire du déplacement, de l’exotisme et de l’Altérité, mais ce déplacement ne reste «qu’une transition sur laquelle [ils] ne s’attardent pas, un bref effet de rideau de scène pour permettre, comme au théâtre, un changement de décor1. » Car nous l’avons constaté ce sont avant tout des romans destinés aux adolescents, c’est-à-dire qui appliquent des stratégies conventionnelles avérées, dans l’objectif de séduire leur public. Ils jouent la proximité narrative avec le jeune lecteur. Le «bavardage confidentiel » du narrateur est destiné à engager son affectivité. Enfin, la simplicité des personnages, des représentations et l’amusement sont fortement employés. Ce qui importe et va faire la spécificité de ces oeuvres, c’est que le voyage oblige à quitter son environnement familier. Ainsi, nous sommes en présence de héros-voyageurs qui s’éloignent du confort et de l’assurance du cocon familial, pour aller à l’aventure, découvrir le Monde. Le voyage amène vers un Ailleurs, vers l’inconnu. C’est une dimension plus symbolique que géographique, qui est exploitée par les auteurs de ces romans.
notes 1 et 2 FAVARO Patrice, La littérature de voyage pour la jeunesse : les enfants de Xénomane, Thierry Magnier.
On peut lire ici un extrait de mon essai sur le site du SNUipp-FSU







