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mots-nomades de Patrice Favaro

  • Françoise

    Mon amour, ma compagne, ma complice, mon âme sœur, Françoise Malaval-Favaro s'en est allée ce vendredi 21 octobre 2016. Son beau regard n'éclairera plus le monde qui m'entoure. 

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    Ci-dessous, le beau texte d'hommage que lui a écrit Françoise Place.

     

    pour Françoise, 

     

    Au pays des éléphants, une femme se promène. Elle est toute fine, toute frêle, et ses longs cheveux lui font une belle traîne. Elle se courbe vers un bassin où flottent des fleurs de lotus. Par endroits, l'eau sombre, presque noire, reflète la montagne de Lure, une montagne dont le sommet enneigé répond à l'éclat soyeux des fleurs blanches. Elle marche tout doucement, cette femme. Elle parle très doucement, aussi, et la gaieté de ses yeux tient à distance certaines ombres qui l'entourent. Elle a besoin, pour respirer, de ce petit tuyau qui vient à ses narines, relié à une bouteille d'oxygène. Alors elle goûte chaque moment, chaque seconde, non pas avec gourmandise, mais avec une gravité légère, sans vouloir les retenir, simplement avec gratitude. Voilà bien longtemps qu'elle a appris la patience. Elle a dans la tête des contes, des marionnettes, des images d'enfance, et ses mains savent donner aux jours les plus gris les vives couleurs de l'Inde. Patrice vit près d'elle, Patrice prend soin d'elle, tout comme elle prend soin de lui.

    Je n'ai pas souvent eu l'occasion de rencontrer Françoise. Elle est de ces personnes dont le peu qu'on en connaît suffit à garder grand et beau souvenir. Tout ne passe pas par les mots ou la parole. Il y a des façons d'être qui sont comme une grâce, et d'une promenade en forêt, je me souviens très bien comment elle s'est assise au pied d'un arbre, pour se reposer. Je ne l'imagine pas ailleurs que dans ce temps suspendu, où la lumière, filtrée par les feuillages, dansait encore à ses yeux.

     

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  • Un livre qui fait du bien... me dit-on!

    Les premiers commentaires sont en effet unanimes: un livre qui fait du bien, qui donne de l'énergie, qui encourage...

    Cela répond en tous points à l'objectif que nous entendions donner, Philippe Godard et moi-même, à cet ouvrage!

    Et si nous mettions à  présent toute notre à énergie à  « radicaliser » l’intelligence, l’inventivité, le talent, la générosité, la beauté, l’esprit de partage ? Avec mon ami Philippe Godard, nous avons choisi de présenter cinquante portraits d’hommes et de femmes qui ont poussé jusqu’au bout leur volonté de rendre le monde meilleur, plus beau ou plus juste. Cinquante femmes et hommes qui se sont colletés au réel pour changer leur temps, leur société, leur art. Tous ont en commun d’avoir eu à surmonter de nombreux obstacles, des circonstances défavorables, voire des tragédies personnelles ou collectives, sans jamais pour autant renoncer à  leur engagement. Cinquante personnalités qui, par leurs actions, leurs pensées, leur œuvres, ont pu faire bouger les lignes, élargir le champ de nos connaissances et développer celui de nos consciences.

    À l’heure où le cynisme s’affiche sans complexe, où les prétendues à élites offrent sur tous les écrans du monde un spectacle affligeant et démoralisant, à l’heure où les jeunes les plus fragiles sur le plan psychologique et social, mais aussi les plus démunis en matière d’éducation et de culture se laissent berner par le discours d’obscurantistes psychopathes... il n’est peut-à être pas inutile de rappeler quel le monde n’est pas foncièrement mauvais... il est ce que chacun de nous en fait à chaque instant. Le temps ne serait-il pas venu de mettre en avant ce que les meilleurs d’entre nous ont fait, font et continuent de faire pour qu’il devienne un lieu sûr, équitable, juste, et à la beauté préservée ?

     

     

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    Ils et elles ont changé le monde (éditions de la Martinière Jeunesse) est depuis le 1er septembre en librairie.

    Vous trouverez ici le communique de presse et pourrez feuiller les premières pages avec le lien ci-dessous :

    http://fr.calameo.com/read/000848282f724de6d4633

     

  • Il y a état d’urgence à lire ce livre.

     

     

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    À l’heure où une ultra-minorité entend imposer ses vues par la peur (on oublie trop souvent que terrorisme à pour racine « terreur » et que, donc, céder à la peur, c’est reconnaître que le terroriste a déjà gagné la partie) ; à l’heure où les pouvoirs en place (économiques et politiques), entendent bien utiliser cette même peur pour se maintenir aux commandes quitte à piétiner les valeurs démocratiques dont ils se prétendent les garants ; à l’heure où les crétins médiatiques, autoproclamés experts, nous font entendre tout et surtout n’importe quoi… il n’est peut-être pas inutile de disposer d’un outil critique pour nous aider à mieux penser à propos de ce qui agite désormais le plus notre société. C’est exactement ce que nous propose, et de façon brillante, le dernier ouvrage publié de Philippe Godard : Du consensus au terrorisme.

     

    Le mérite de Philippe Godard est d’abord de nous rafraîchir un peu la mémoire : « “La Terreur constitue la première irruption massive, dans l’histoire moderne, du terrorisme, et c’est le gouvernement du premier État républicain qui le mit en œuvre !” Combien parmi nos élus, entonnant La Marseillaise au lendemain d’un attentat monstrueux, se sont souvenus que, seulement quatre ans après 1789, cette même République avait développé un système de terreur qui constitue un archétype de tout ce qui se fera par la suite en matière de terrorisme d’état ?

    Autre nécessaire remise des pendules à l’heure : l’ouvrage établit une typologie distincte entre terrorisme d’état, lutte armée, terrorisme politique, terrorisme religieux et violence criminelle des gangs. “[…] nier les différences entre ces différentes formes de violences pour les rejeter en bloc nous condamnerait à ne pas comprendre ce qui est devenu vraiment très dangereux à notre époque et facilite l’extension de l’ultraviolence : la banalisation des violences extrêmes.”

    Et c’est précisément parce qu’il ouvre des perspectives de compréhension inédites, ou du moins avancées par des voix qui sont peu entendues, que le livre de Philippe Godard est passionnant à lire. J’en retiens une qui constitue la colonne vertébrale de l’ouvrage : la construction d’un consensus structurant est une nécessité pour tout régime politique démocratique. Plus qu’un contrat social abstrait tel que pensé par Rousseau, il s’agit d’un consensus concret, un “contrat de confiance”, en quelque sorte : chaque individu reconnaît la validité du corps politique et celui-ci s’engage à offrir à chaque individu, et de façon égale, sûreté et protection. Or c’est précisément ce consensus initial qui n’a cessé depuis d’être battu en brèches jusqu’à voler en éclats aujourd’hui : système oligarchique, corruption et affaires en série, non-respect du vote référendaire (Traité de Maastricht !), parole politique décrédibilisée, élus se donnant perpétuellement en spectacle, mainmise de l’économie sur le politique, inégalités sociales atteignant des records inédits, etc. Il n'est besoin que de constater les taux d'abstentions chez les jeunes pour s'en persuader. Le résultat d’une pareille faillite est d’une part la désillusion généralisée, celle qui permet toutes les constructions fantasmatiques des conspirationnistes : il ne peut y avoir qu’une conspiration du mal cachée derrière tout cela. D’autre part, l’obligation pour les pouvoirs en place de faire appel à un autre type de consensus pour maintenir la cohésion sociale : un consensus contre l’ennemi intérieur ou extérieur. Le retour au vieux stratagème du bouc émissaire si utile tant aux groupes ultraminoritaires qu’aux pouvoirs en place. Accepter cette logique, c’est entrer dès lors dans une zone de très haut danger en matière de violence : la machine à saigner qu’est la guerre peut très vite se mettre en marche.

    Le deuxième point sur lequel je voudrais également insister est que le livre de Philippe Godard nous donne aussi à réfléchir sur le plan de l’individu et pas seulement au niveau des groupes minoritaires et des corps politiques au pouvoir. C’est là, à mon sens, que se situe en effet le véritable nœud du problème en matière de violence terroriste, et c’est là aussi qu’il faut comprendre les motivations qui animent les terroristes pour mieux les combattre. Le monde ultralibéral n’a cessé de pousser plus loin l’optimisation de ses outils en matière d’incitation à la consommation de masse. Pour cela il lui a fallu fragmenter à outrance le corps social (afin de multiplier le nombre “d’acheteurs” potentiels) ce qui a fait exploser les relations humaines dans tout cadre collectif (la famille, voire le couple, l’entreprise, l’école, la ville, le quartier, la région). La pathologie sociale qui en découle porte un nom : le narcissisme. «  Le narcissisme est la réponse la plus aisée à l’anonymat auquel la société de masse nous condamne.” Un narcissisme que les outils technologiques modernes rendent d’autant plus aisé et gratifiant en lui donnant une résonance immédiate et mondiale. Comment dès lors s’étonner qu’un individu se sentant frustré dans son désir de reconnaissance sociale n’en vienne à penser que c’est la collectivité qui lui fait barrage, que des forces hostiles et souvent secrètes le maintiennent en dehors des feux de la rampe? La violence n’a pas d’autre origine que la frustration, et chez le narcissique la frustration n’a pas d’autre combustible que le désir irrépressible d’établir la supériorité de son moi individuel sur le corps collectif. C’est cette pathologie de la pensée individuelle qui permet seule d’éclairer des actes horribles qui demeurent si étrangers à la majorité d’entre nous. On ne peut alors qu’imaginer combien peut être toxique l’exacerbation médiatique permanente d’autres narcissismes : ceux du monde politique, économique, et même sportif.

     

    Du consensus au terrorisme ouvre bien d’autres pistes de réflexion que je ne peux citer ici sans risque de me montrer trop long. C’est un ouvrage qui ne l’est pas quant à lui, il est grandement accessible, clair, toujours intelligent et documenté et surtout stimulant. Il nous invite pour finir à trouver un nouveau consensus pour éviter d’une part le spectre d’un pouvoir fascisant voire ouvertement fasciste et de l’autre un prétendu règlement de tensions par leur éclatement en violence ouverte qui ne conduirait à rien d’autre qu’à une guerre civile. Un consensus fondé sur le débat véritable et la contradiction acceptée. : “Un consensus qui soit en quelque sorte un dissensus assumé, au niveau des mots, des idées, des politiques — et non de la violence”.

     

    Lisez ce livre, faites-le lire : il y a URGENCE ! 

     

    Ce 1er septembre sort également Ils et Elles sont changé le monde que j'ai eu l'immense plaisir de co-écrire avec Philippe. Ne voyez pas dans ce que j'ai écrit ci-dessus l'expression d'un simple copinage, il s'agit d'un hommage objectif dû à l'intelligence de son propos.         

  • Pensée

    Nous avons laissé se construire la société du pire. Comment s'étonner dès lors qu'il advienne? Quand on tourne le dos à la sagesse... c'est toujours pour ouvrir les bras à la folie.

  • Aubagne... fermeture de rideau?

    Pour la 18e année, l'atelier écriture, mené pour les images avec Françoise Malaval, est arrivée à bon port cette année au Collège Lou Garlaban d'Aubagne. Ce sera sans doute la dernière puisque, après en avoir réduit le budget de moitié en 2015, la municipalité l'a tout simplement entièrement supprimé en 2016! Il est vrai qu'acheter à tout va des cameras de surveillance... c'est beaucoup plus culturel et social! 

    Je reviendrai bientôt sur tout cela et sur mon refus de participer à Grains de sel, le salon du Livre Jeunesse auquel on m'a invité dans cette même ville).

  • Sciences et livres métisses à Digne

    Samedi 11 juin, retour à Digne pour une journée dédicaces et réalisation d'un kolam par Françoise Malaval dans la cour de la Médiathèque. Merci à Benoît Degrave de la Ligue de l'enseignement 04 et tous les bénévoles, y compris ceux de la section d'Amnesty International pour leur accueil chaleureux et la qualité de leur organisation. Un grand merci également à l'équipe de la médiathèque.

    Un seul et grand regret: que le public n'est pas été plus nombreux!

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    Françoise Malaval à son kolam. Au début étaient les points...

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    Puis vient la ligne...*

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    Puis vient la couleur...

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    Mais toute la beauté du kolam... c'est que c'est un art éphémère!

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  • La danse de l'ourse

    Dernières retouches sur le texte de La danse de l'ourse avant le Bon à Tirer. A paraître en mai dans l'excellente collection Trimestre animée par Thierry Lenain chez Oskar. C'est une histoire que je gardais en mémoire depuis très longtemps, depuis un lointain et magique voyage en Grèce et la rencontre d'une ourse dans les rues d'Athènes!

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  • Recommandé par Opalivres

    Extrait de la critique:

     

    ED1.JPGCes quatre nouvelles ne peuvent laisser le lecteur indifférent. La situation se dégrade au fil des histoires et force est de constater que l'homme s'est conduit à sa propre perte à vouloir tout connecter, tout surveiller et tout gérer. En est-on si loin !

    Le choix d’intégrer dans le cours du texte des paragraphes en italique représentant les contenus des rapports établis par les drones et caméras qui surveillent ajoute à la déshumanisation de cette société du futur.

    Une fiction qui interpelle !

     

    à lire en entier ici