10/02/2007
Flash-back
Le temps est un matériau élastique. La réédition d’un disque enregistré en 1975 auquel j’ai participé m’en a convaincu. Si loin, si proche encore.

MONT-JOIA
CANT E MUSICA
DE PROVENCA (XIIe-XXe)
Jan-Mari CARLOTTI : Chant, Guitare, Saz, Luth
Patrice CONTE : Chant, Galoubet, Tambourin, Timbale provençale, Flûtes
François « Choà » DUPONT : Violon
Patrice FAVARO : Chant.Mandoline.Tambourin à cordes.Cintour.Trompette marine
Avec Françoise MALAVAL-FAVARO à la trompette marine dans « Ai vist le lop »Registrat en direct - 2 pistas - a la Chapelle du Sacré-Cœur, a s’Ais (Aix-en-Provence) Setembre de1975.
Presa dau son e mixage : Pierre Verany assistat de Jean-Louis Weimann.
Masterisacien partent dau master 2 pistas : Jean-Michel Bouillot. Studio NERVES. Salon de Provence 2006
Digipack. Libret 24 p. Oc. Français
Souvenirs… ce que disait la presse à l’époque. Article paru dans Libération en 1976 « Pierres de Provence » par Remy
Mont-Jòia : c'est en provençal un tas de pierres élevé par les bergers pour marquer un passage et honorer la montagne. C'est aussi le nom d'un groupe provençal dont l'album Cant e musica de Provenca XII-XXe siècle, vient de sortir au Chant du Monde. Pour faire revivre cette musique traditionnelle mais qui, ils le disent clairement, n'appartient pas au passé, les 4 musiciens du groupe utilisent beaucoup d'instruments qu'on retrouve tout autour du bassin méditerranéen, tel que le luth, le saz ou le cintour. Et c'est sans doute ce qui fait l'originalité de cette musique à l'intérieur de la culture occitane : la Provence est un fantastique carrefour de civilisations, et quelques-unes des chansons de cet album font revivre des légendes provençales, comme la célèbre Tarasque. ..Danses, chants de troubadours que le groupe a collectés auprès des vieux ou dans des bouquins, mais surtout 2 chants très émouvants : la Filha dau ladre, où sur le rythme obsédant du tonton, tambourin béarnais à 6 cordes, s'égrène lentement l'histoire d'une fille lépreuse du 13e siècle, et un magnifique texte de Peiròl, troubadour et chevalier d'Auvergne : la voix lancinante de Jan Maria Carloti, qui s'accompagne au luth me pénètre de la lassitude d'un homme qui a plus frôlé la mort que l'amour. Avec en exergue de cet admirable disque, une autre citation de Peiròl : bon conselh vos don e gent, amatz e chantatz sovent. Compris ?
Autre article, dans Télérama du 20 septembre 1976, sous la signature de Jacques Marquis
Phénomène récent, l'abondance discographique en matière de chansons traditionnelles françaises n'est pas toujours bénie des muses et il arrive parfois qu'on s'ennuie ferme ; mais enfin c'est une profusion sympathique et enrichissante. Il va désormais falloir compter avec les occitans qui jusqu'à présent ne s'étaient guère manifestés dans ce domaine très particulier. D'emblée, le groupe Mont-Joïa prend place parmi les quatre ou cinq meilleurs groupes de l'Hexagone. Excellents spécialistes des instruments folk, ce qui n'est pas si rare, ils ont aussi, ce qui est beaucoup plus inhabituel, une cohérence vocable de très grande qualité qui donne à leur disque un air de sérénité grave et profonde. Et puis, si dans les chansons savoureuses on retrouve des versions plus ou moins lointaines des plus connues de la langue d'oïl, la plupart sont exclusivement provençales, sans variantes francophones. Quant à la beauté de la langue elle ajoute encore au talent de Mont-Joïa. (Ce mot désigne les tas de pierres élevés par les bergers pour marquer leur passage et honorer la montagne, dit la pochette.)
Et aujourd’hui, par Jacques Bonnadier. Décembre 2006
Musique toujours, plus précisément musique traditionnelle avec la réédition en CD du premier album vinyl du fameux groupe Mont-Joia (daté de 1975) : « Cant e musica de Provença (XIIe-XXe) ». C’est une belle joie pour un fan de la première heure que de recevoir un tel disque et de se replonger ainsi dans l’ambiance de la découverte de ce groupe – à l’époque un quatuor composé de Jan-Mari Carlotti (chant, guitare, guitare sarrazine, luth), Patrice Conte (chant, galoubet-tambourin, grelots, timbale provençale, flûtes), François Dupont (violon) et Patrice Favaro (chant, mandoline, tambourin à cordes, cintour, trompette marine), une formation qui allait secouer le monde de la musique des peuples d’oc et l’ouvrir largement aux sonorités plus généralement méditerranéennes. Ce disque qui a fait date – comme d’ailleurs ceux qui suivront, et dont l’association Mont-Joia nous annonce une réédition prochaine en CD – réunit dix chants ou danses populaires, comme Ai vist lo lop, lo rainard, la lebre, Rampleda e corsa de la tarasca ou Diga Janeta… dont l’interprétation, plus de trente ans après, n’a pas pris une ride, ni vocalement ni instrumentalement.
C’est vrai, « l’interprétation, plus de trente ans après, n’a pas pris une ride, ni vocalement ni instrumentalement »… Pour notre part nous en avons pris quelques-unes, celle que laissent les grimaces et les sourires de la vie qui va.
Merci à Jan-Mari, à Patrice, aux autres que je ne connais pas ; pour nous avoir ainsi « rafraîchi » la mémoire.

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09/09/2006
Naseer Sharma joue, Naseer Sharma parle
Encore un peu de Liban contrairement à ce que j’annonçais précédemment. Car c’est à l’aéroport de Beyrouth que j’ai acheté un disque d’un joueur de luth oriental, le oud, tout à fait exceptionnel, magnifique, grandiose. Naseer Sharma est un musicien de première importance dans tout le Proche-Orient, même un modeste vendeur dans un duty free de Beyrouth ne peut ignorer son nom (il ne lui a pas fallu plus de 3 secondes pour sortir un disque de Naseer Sharma parmi les centaines de nullités pondues par des stars à la mode qui encombraient les étagères de sa boutique de livres et de cds).
J’ai écouté entre autres avec une intense émotion le titre Bagdad night où le oud résonne tout d’abord avec une suave douceur jusqu’au final où l’instrument évoque le chaos, la guerre, la désolation.
On peut entendre ce morceau et d’autres sur le site : Naseer Sharma

Si j’évoque aujourd’hui Naser Sharma, c’est parce qu’il s’exprime sur le site Bella Ciao dans un article intitulé : Un artiste dénonce les nouveaux barbares. Il nous parle de musique, de culture, de Bagdad et de ceux qui n'ont cesse de vouloir détruire tout cela.
extrait: « Jamais à travers l’histoire, une agression, une guerre ou une occupation d’une ville ou d’un pays n’ont donné lieu à une destruction aussi systématique que ce qui s’est passé en Iraq ».
Pour le lire l’article en entier, c’est ici.
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