13/03/2008
Que nos livres vivent longtemps!
Oui, heureux que nos livres continuent à vivre malgré la rotation mortifère que le marché impose aux livres aujourd"hui. Le titre Princesse Laque, créée avec Françoise Malaval, continue son chemin (voir ci-dessous). Espérons que le groupe Nathan-Syros ne l'éjectera pas trop rapidement de son catalogue comme il semble que cela soit devenu une habitude!
SELECTION PRIX AMIENS 4 pour 2007/2008
Fille d’artisan, la jeune Birmane Princesse Laque est surnommé ainsi de par son habileté à décorer les objets réalisés par son père. Le tyrannique roi la force à travailler pour lui. Dans le plus grand secret, elle réalise des décors illustrant la souffrance du peuple.
Cette histoire peut d’abord être un beau conte traditionnel, pourquoi pas birman. Mis en relation avec l’actualité géopolitique, il prend une résonance particulière : Princesse Laque est un reflet de Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991. Depuis la fin des années 1980, cette dernière n’a cessé, par les voies politiques légales, de tenter de s’opposer à la dictature birmane. Elle reste encore aujourd’hui assignée à résidence : sa liberté de parole lui a valu, comme Princesse Laque, d’être prisonnière dans son pays. C’est dire l’intelligence et l’aspect militant de cet album, réalisé en partenariat avec Amnesty International. Les illustrations de Françoise Malaval, pointillistes et richement colorées, choisissent d’aplanir les perspectives et adoptent des points de vue originaux (en hauteur, gros plans…). Ces caractéristiques sont un rappel aux décorations orientales et à celles des objets en laque… Pleines pages, elles montrent des corps souples et stylisés : un merveilleux accompagnement à un texte court et sobre, qui vise à l’essentiel de son propos
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11/03/2008
Adultes?
Interviewé par Philippe Jean Cantainchi du journal Le Monde lors d’une table ronde au festival du livre de Saint-Paul-Trois-Châteaux, j’avais été questionné sur le statut de l’adulte par rapport à l’enfance. Ma réponse avait été :
‑ Des adultes, je n’ai eu la chance que d’en rencontrer deux ou trois dans ma vie ! Notre société n’en fabrique plus guère.
La salle avait vivement réagi, comme le firent les élèves des lycées professionnels de Mulhouse (auprès de qui je fus invité par deux fois dans le cadre d’un prix décernés par les mêmes). Ils étaient fort déçus de ne pas avoir face à eux un modèle conforme à celui de «l’artiste pas sérieux et toujours enfant », tel qu’on le met en avant sur les plateaux des talk-shows télévisés.
Les adultes, où sont-ils ? Une réponse cohérente se trouve dans un ouvrage que je recommande chaudement : Comment le capitalisme nous infantilise, de Benjamin Barber aux éditions Fayard. « Les vendeurs planétaires du monde entier, quand ils n’infantilisent pas ouvertement les adultes, s’acquittent de la tâche délicate de donner aux enfants les pouvoirs des consommateurs adultes sans les laisser oublier leurs goûts d’enfants ».

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04/03/2008
Difficile !
Au hasard d'un début de lecture (Un éternel Treblinka de Charles Patterson, j'y reviendrai), cette citation de Frantz Kafka.
"Il me semble d'ailleurs qu'on ne devrait lire que les livres qui vous mordent et vous piquent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas comme un coup de poing sur le crâne, à quoi bon lire? Pour qu'il nous rende heureux? Nous serions tout aussi heureux si nous n'avions pas de livres (...) un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous"
in lettre à Oskar Pollak 1904, Oeuvres complètes, Gallimard
Il me semble à mon tour qu'on ne devrait pas (plus) en écrire s'ils ne répondent à cette nécessité.
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