17/10/2005

Aux enfants de Birmanie, à Aung Sang Suu Kyi

Il y a quelque temps, Françoise et moi avons pu voyager individuellement en Birmanie, échappant ainsi au pilotage sans faille que la junte militaire au pouvoir impose habituellement aux touristes venus en groupe. De ce voyage, de nos rencontres et de nos observations, mais aussi de notre sentiment de révolte envers un régime tyrannique et corrompu qui piétine les droits de l’homme les plus élémentaires, est né un album qui paraît cette semaine en libraire : Princesse Laque. Un album, c’est peu pour un peuple qui souffre dans l’indifférence générale ou dans un silence complice (Total fait de bonnes affaires là-bas). Un album, c’est beaucoup aussi, nous l’avons appris. Françoise et moi n’oublierons jamais la minuscule librairie de Rangoon,. Sur l’unique meuble à rayonnage, vitré et cadenassé : des livres, une trentaine tout au plus. Je demande à les voir. Le vieux libraire me répond à mi-voix :
- Je ne peux pas les vendre, ce sont les seuls qui me restent. On n’imprime plus, c’est interdit désormais. Je peux tout au plus tenter de vous avoir des photocopies.

Ces livres sous clés, nous ne voulons pas les oublier. Ces paroles qu’on nous a si souvent chuchotées par peur des informateurs, nous ne voulons pas les oublier. Ces enfants interdits d’école, ces étudiants interdits d’université, ces artistes interdits de parole et de mouvement, ce peuple interdit de liberté, nous ne voulons pas les oublier. Nous ne voulons pas non plus qu’on continue à l’ignorer. C’est pourquoi notre album.

Patrice Favaro et Françoise Malaval

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PRINCESSE LAQUE, éditions Syros Jeunesse
Un album pour la liberté d'expression, en partenariat avec Amnesty International.
Dans le lointain royaume de Birmanie, la fille d’un humble artisan décore si bien les objets en laque qu’on lui a donné le nom de Princesse Laque. Lorsqu’il entend parler de son incomparable talent, le roi ordonne à la jeune fille de ne plus travailler que pour lui seul. Princesse Laque s’exécute, toutes les œuvres qu’elle lui présente ont cependant le même sujet : la souffrance du peuple écrasé par la loi du tyran… La fureur du roi est sans limites. Mais la voix de la vérité se laisse-t-elle si facilement étouffer ?

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